AUZAS
Les
seules archives concernant l’histoire de Auzas, sont celles conservées
par la Mairie et exploitées en 1885 par l’instituteur du village
M.
LAFORGUE, qui en a rédigé une monographie déposée aux archives départementales
et dont nous vous livrons ici quelques extraits.
A l’époque ses
archives ne remontaient qu’en 1855, depuis des documents sont réapparus
et les archives communales remontent au 1er avril 1809.
C’est état de
fait n’est pas réservé à AUZAS, dans sa monographie sur
Arnaud-Guilhem
M. TOURNIE écrit:
" Les
archives d’Arnaud Guilhem ont été victimes de la négligence des
magistrats municipaux. On a laissé détruire par l’humidité, par le
feu, ou par toute autre cause, de nombreux papiers auxquels on
n’attachait aucune importance parce qu’ils étaient vieux et qu’on
ne savait pas les déchiffrer ".
Pour retrouver les
origines d’AUZAS, M. LAFFORGUE qui n’avait en sa possession aucun
document antérieur à 1855, dit avoir procédé à une enquête auprès
" de personnes âgées et d’une bonne renommée morale ".
" D’après
quelques écrits légendaires son origine remonterait aux premiers siècles
du Moyen Age.
A cette époque le
village se trouvait, dit on, au quartier de MORTAIS ainsi nommé parce que
le habitants y ont été exterminés par les Sarrasins. Le village aurait
été complètement détruit ou rasé et ce n’est que longtemps après
qu’il aurait été reconstruit où il est actuellement, mais non avec le
même nom. A l’appui de ces dires en 1868 un propriétaire voulant
planter une vigne haute, a fait creuser des trous ou l’on a trouvé des
ossements humains en grande quantité dans toute l’étendue de son
champ, qui se trouve dans ce quartier. Le village détruit par les
Sarrasins portait le nom de Ste MARIE, mais on ne sait d’ou vient le nom
d’AUZAS "
Plus vraisemblablement
il était situé dans le quartier dit "église vieille"
Enfin toujours aux
archives départementales on retrouve la trace d’un Jean de MANIBAN
Capitoul de Toulouse Baron d’AUZAS. (origine du quartier BARON?)
Jean de MANIBAN
La
famille de MANIBAN, appartenant à la vieille noblesse d’Armagnac (voir
ci après la guerre ARMAGNAC/FOIX), s’est fixée à TOULOUSE au début
du XVIIème siècle. Son plus ancien représentant connu est Thomas de
MANIBAN qui était avocat général au parlement de TOULOUSE.
Son fils aîné,
Jean Guy, marquis de MANIBAN (1636, 1707) a également deux baronnies
(dont celle d’AUZAS), cinq fiefs, trois métairies. Il est également
Chancelier de l’Académie des Jeux Floraux et Capitoul de la ville de
TOULOUSE.
Etymologie
AUZAS
en latin provient de l’agglutination du nom de " homme romain
AVITIUS " et du suffixe " ACUM " qui
signifie TERRE D’AVITIUS
Il existe en France
(d’aprés le Minitel), 120 personnes ou familles portant le nom de AUZAS.
Les plus grosses
concentrations de M. et Mme AUZAS se trouvant en Ardêche (49 adresses),
Bouches du Rhône (11 adresses)
AUZAS son histoire
La
lecture de divers ouvrages (Comminges et Couserans de Simone HENRY, Les
Toulousains dans l’histoire Philippe WOLFF), nous permettent de reconstituer
l’histoire de notre région et d’AUZAS en particulier.
Les Romains
En
72 avant J.C., POMPEE vient dans la région avec une partie de ses
partisans. Cette troupe qui s’installe, est appelée Convenae (gens
rassemblés), qui devint Commenicus, Comenge, Comminges.
POMPEE forma deux
civitas, l’une englobant les tribus de la vallée de la Garonne, du Val
d’Aran, de la vallée de la Neste, l’autre avec les tribus qui
occupaient le bassin versant du Salat, les Consorani qui devint COUSERANS.
A la tête de ces
deux civitas il y eut deux " oppidum ": Lugdunum
Converanum (St BERTRAND) et Lugdunum Consoranis (St LIZIER).
Les invasions
" A
partir du Vème siècle les invasions jetèrent la désolation dans le
pays. Les événements du Vème au Xème siècle sont très mal connus.
Faute de certitudes, l’imagination s’est mise en branle pour
reconstituer le passé. Les ruines accumulées, les documents postérieurs
faisant état d’une réoccupation du sol, sont la preuve de la misère
de cette longue période, des destructions effroyables qu’elle subit.
Mais quels furent les auteurs de ces malheurs, Vandales, Wisigoths,
Vascons, Maures ?, toutes les suppositions sont possibles. Dans
l’imagination populaire les uns ont été confondus avec les autres. ".
Les seuls faits certains sont
les déprédations que les Vandales firent subir au village situé au bas
de l’actuel St
BERTRAND DE COMMINGES (585), qui fit dire à Grégoire de TOURS :
" Ils ne laissèrent
que la terre nue, à tel point qu’il ne resta même pas un pan de mur
contre lequel uriner ".
Cet extrait, nous
fait bien évidemment penser à la destruction de l’ancien village de
AUZAS, mais qui en furent les auteurs ? les sarrasins comme le prétend M.
LAFORGUE l’instituteur, ou les Vandales comme à St BERTRAND ?
Plusieurs saints
avaient été attribués a cette période et supprimés en 1939. Il
s’agit de MARTORY, CIZY (RIEUX), VIDIAN (MARTRES), GAUDENS.
Les
Villages
A
l’initiative du Comte de Comminges et
de divers seigneurs et abbés, virent le jour :BOUSSENS 1269, ALAN 1270,
MONTREJEAU 1272, BLAJAN 1283, VALENTINE 1287, MONTMAURIN 1317, BEAUCHALOT
1325.
" En plus
de ces bastides de vallées, des défrichement eurent lieu sur les
hauteurs, sur les crêtes, des villages tout en longueur dont les maisons
sont alignées au bord de la route, (villages chenilles) "
On ne peut s’empêcher
de penser à AUZAS et l’auteur poursuit :
" au début du XIVème siècle, tous les villages et hameaux
actuels existaient "
On peut donc situer
la reconstruction de AUZAS entre 1280 et 1320 dans le quartier
"église vieille". Plus tard vers 1730, il fut déplacé sur
le site actuel.
Personnages
célèbres
Outre
Jean de MANIBAN Baron d’Auzas déjà cité, bien entendu nous nous
devons de rappeler Norbert et Elisabeth CASTERET célèbre couple de spéléologues.
Lui, découvreur des sources de la Garonne et de nombreuses grottes, dont
celle de Montespan et de la Henne-Morte. Il a exploré plus de 2000
cavernes et gouffres en France et dans le monde. Sa femme détentrice du
record féminin de profondeur sous terre l’a suivi dans de nombreuses
explorations.
Ils reposent en paix
dans notre petit cimetière, car si Norbert CASTERET est né à St Martory
(1897-1987), son épouse Elisabeth (1905-1940), est issue de AUZAS, de la
famille MARTIN dont trois frères s’étaient expatriés au Sénégal,
puis aux Etats Unis dans la ville de LAREDO (1852) avant que leur arrière
petite fille revienne au pays.
Une place de notre
village et un monument dédiés à ce couple ont été inaugurés en 1995.
En 1998 cette place à été ornée d’une fresque géante représentant
Norbert CASTERET descendant dans un gouffre.
En 1997 la commémoration
officielle du centenaire de sa naissance a eu lieu à AUZAS.
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